En 1804, suite à une révolte des esclaves, menée par Toussaint Louverture, Haïti devient la première république noire. Les grandes puissances colonialistes, voulant éviter à tout prix que le mouvement indépendantiste se propage aux autres colonies, lui demandent de dédommager les colons blancs français. Haïti se voit obligée de payer une “dette d’indépendance”, s’élevant à 150 millions de francs or.

Daniel Marcelin, "Ayiti"
Sous Jean-Pierre Boyer, président à partir de 1818, 80% du budget du pays est ainsi voué à payer cette dette. Le pays a du contracter des prêts, notamment à… la France. Durant cette période, il a été impossible de développer quoi que ce soit en Haïti : tout le temps et tous les moyens étaient consacrés au remboursement de la dette.
Jean-Pierre Boyer se démit de la présidence d’Haïti en 1843, vidant les caisses de l’État avant de se retirer en France. Une succession de coups d’état suivit son départ. Le pays devint de plus en plus pauvre, voyant ses caisses vidées par les différents hommes au pouvoir.
En 1915, les américains s’installèrent en Haïti, pour 19 ans. Ils prirent possession de toutes les institutions et de toutes les réserves du pays. Des paysans furent expropriés et on vit apparaître l’émergence d’une nouvelle classe moyenne noire.
Après le départ des États-Unis en 1934, le pays connut une nouvelle instabilité politique, jusqu’à la prise du pouvoir par François Duvalier, en 1957. “Papa doc” luttait contre les mulâtres. Il créa une milice, les Tontons Macoutes, et fut responsable de nombreux massacres. François Duvalier va également créer une division dans le peuple haïtien : ceux qui voulaient être français et ceux qui voulait manifester leurs origines africaines. Cette division va être alimentée par l’étranger. En 1971, il désigna son fils, Jean-Claude Duvalier, surnommé “Bébé doc”, comme son successeur.
Le régime des Duvalier tombe en 1986, et une nouvelle succession de coups d’état se déroule. Coups d’état orchestrés par des militaires formés par les États-Unis.
Aristide remporte les élections en 1990. Mais un coup d’état le renverse quelques mois seulement après le début de son mandat. En 1994, les États-Unis reviennent en Haïti pour remettre Aristide au pouvoir (et, par la même occasion, pour défendre les intérêts néolibéraux américains).
Près de 8 générations haïtienne ont du payer les dettes de leur pays, et se sont appauvries au profit de l’étranger. Tout au long de l’Histoire, les haïtiens ont travaillé, sans pouvoir servir leur pays.
La plupart des dictateurs sont partis avec l’argent d’Haïti, et ont été accueillis par de grandes puissances (France, Panama,…).
Haïti doit se refaire de l’intérieur, mais doit également régler les relations extérieures.
Parler de “Terre maudite” peut donner bonne conscience.
Aujourd’hui, après le séisme du 12 janvier 2010, Haïti possède une nouvelle dette, que les 10 générations à venir risquent de payer…